Delta du Mékong
Résumé
Delta du Mékong : Khmer, Viêt et Hoa sous le même toit de la pagode khmère
Au Vietnam, pays peuplé de 54 ethnies, la solidarité entre communautés ethniques est traditionnelle. Dissemblables en religions, les Vietnamiens n'hésitent pourtant pas à partager leurs joies et leurs peines. Exemple dans le delta du Mékong, contrée peuplée des ethnies Viêt, Khmer et Hoa.
Au Vietnam, pays peuplé de 54 ethnies, la solidarité entre communautés ethniques est traditionnelle. Dissemblables en religions, les Vietnamiens n'hésitent pourtant pas à partager leurs joies et leurs peines. Exemple dans le delta du Mékong, contrée peuplée des ethnies Viêt, Khmer et Hoa.
Détail
Lors d'une visite par hasard à la pagode Kh'leng, la plus ancienne d'une centaine de pagodes khmères à Soc Trang, dans le delta du Mékong, nous étions témoins d'une commémoration posthume dédiée à Huynh Cuong, haute personnalité de la communauté khmère et ex-vice président de l'Assemblée nationale du Vietnam, décédé il y a quelques années. Une scène solennelle de rites bouddhiques s'est déroulée dans une atmosphère déférente, en présence de nombreux adeptes venus de tous les coins du Sud occidental.
Viêt, Khmer et Hoa, les 3 ethnies peuplant cette vaste région deltaïque du pays, ont présenté une vénération parfaite pour cet homme qualifié, de son vivant, de "noyau du bloc d'union multiethnique". En son honneur, les autorités administratives et religieuses de Soc Trang viennent de décider la construction d'un stupa qui lui est dédié, d'un coût de 300 millions de dôngs.
Noyés dans cette ambiance sereine et cordiale, nous comprenons le pourquoi de ce beau surnom des pagodes khmères : le toit commun des communautés Khmer, Viêt et Hoa.
Une gamme de couleurs criardes
La région du Nam Bô occidental recense à peu près 400 pagodes khmères, principalement concentrées dans les provinces de Soc Trang et Trà Vinh où les Khmers représentent 30% de la population locale. Ces édifices religieux offrent une beauté époustouflante. Chacun d'eux possède son style, son charme et son histoire. Excepté ce trait commun : à travers une gamme de couleurs vives, les pagodes khmères offrent une vue vivante et plaisante, à la différence de l'air sérieux des pagodes Viêt, souvent peintes en jaune-brun.
La plus vieille pagode, Kh'leang, érigée pour la première fois en 1533 sur un vaste terrain de 4.000 m², est réputée pour son impressionnant sanctuaire de 800 m². Une architecture originale avec un toit imbriqué, tout rouge, supporté par 60 piliers peints jaune clair, alignés en 6 rangées. Tout autour du toit se distinguent des reliefs multicolores représentant des oiseaux, animaux et fleurs.
La pagode de Ma Tôc (Mahatup) se caractérise par une statue de bouddha de pierre, haute de 1,5 m, qui recueille les prières des fidèles écrites sur des feuilles de palmiers. Vieille de plus de 400 ans, elle renferme des reliques et anciens objets de culte, dont des statues de bouddhas ou des figurines des 4 animaux sacrés (dragon, licorne, tortue, phénix). Depuis 200 ans, au dire des vieillards, ce lieu sacré est devenu par ailleurs le refuge de bandes de chauves-souris qui, par centaines de milliers, se réfugient chaque jour, à l'aube, dans les grands arbres du vaste jardin de la pagode. D'où son appellation populaire "Chua Doi" ou la pagode des chauves-souris.
L'argile est aussi sacrée
La pagode d'Argile, comme son nom l'indique, est presque entièrement constituée d'argile. C'est le chef-d'œuvre d'un moine artisan de génie, Ngô Kim Tong, qui, depuis l'âge de 20 ans jusqu'à sa mort à 62 ans, se consacra corps et âme à la construction et à la décoration de cette pagode unique au Vietnam. Outre les centaines de sculptures et statues de bouddhas et génies, en argile bien s&uci
Viêt, Khmer et Hoa, les 3 ethnies peuplant cette vaste région deltaïque du pays, ont présenté une vénération parfaite pour cet homme qualifié, de son vivant, de "noyau du bloc d'union multiethnique". En son honneur, les autorités administratives et religieuses de Soc Trang viennent de décider la construction d'un stupa qui lui est dédié, d'un coût de 300 millions de dôngs.
Noyés dans cette ambiance sereine et cordiale, nous comprenons le pourquoi de ce beau surnom des pagodes khmères : le toit commun des communautés Khmer, Viêt et Hoa.
Une gamme de couleurs criardes
La région du Nam Bô occidental recense à peu près 400 pagodes khmères, principalement concentrées dans les provinces de Soc Trang et Trà Vinh où les Khmers représentent 30% de la population locale. Ces édifices religieux offrent une beauté époustouflante. Chacun d'eux possède son style, son charme et son histoire. Excepté ce trait commun : à travers une gamme de couleurs vives, les pagodes khmères offrent une vue vivante et plaisante, à la différence de l'air sérieux des pagodes Viêt, souvent peintes en jaune-brun.
La plus vieille pagode, Kh'leang, érigée pour la première fois en 1533 sur un vaste terrain de 4.000 m², est réputée pour son impressionnant sanctuaire de 800 m². Une architecture originale avec un toit imbriqué, tout rouge, supporté par 60 piliers peints jaune clair, alignés en 6 rangées. Tout autour du toit se distinguent des reliefs multicolores représentant des oiseaux, animaux et fleurs.
La pagode de Ma Tôc (Mahatup) se caractérise par une statue de bouddha de pierre, haute de 1,5 m, qui recueille les prières des fidèles écrites sur des feuilles de palmiers. Vieille de plus de 400 ans, elle renferme des reliques et anciens objets de culte, dont des statues de bouddhas ou des figurines des 4 animaux sacrés (dragon, licorne, tortue, phénix). Depuis 200 ans, au dire des vieillards, ce lieu sacré est devenu par ailleurs le refuge de bandes de chauves-souris qui, par centaines de milliers, se réfugient chaque jour, à l'aube, dans les grands arbres du vaste jardin de la pagode. D'où son appellation populaire "Chua Doi" ou la pagode des chauves-souris.
L'argile est aussi sacrée
La pagode d'Argile, comme son nom l'indique, est presque entièrement constituée d'argile. C'est le chef-d'œuvre d'un moine artisan de génie, Ngô Kim Tong, qui, depuis l'âge de 20 ans jusqu'à sa mort à 62 ans, se consacra corps et âme à la construction et à la décoration de cette pagode unique au Vietnam. Outre les centaines de sculptures et statues de bouddhas et génies, en argile bien s&uci
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